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Vaccination, passeport sanitaire, obligation ? Pour qui ? ….

Patricia Keimeul - Administratrice FAML

Alors que la vaccination a enfin atteint son rythme de croisière avec la livraison de doses émanant de différents laboratoires (Pfizer, Moderna, Astra Zeneca, Johnson & Johnson,…) de nombreux citoyens sont encore réticents à l’idée de recevoir celle qui leur est dévolue, certains par peur irrationnelle, d’autres convaincus qu’en mème temps que le vaccin, c’est une puce gps qu’on leur inoculera, d’autres encore refusant l’injection du vaccin provenant du laboratoire Astra Zeneca, avec lequel de très rares cas de thromboses mortelles sur des millions de doses sont à déplorer. Les péripéties autour de l’utilisation de ce vaccin ont légitimement pu faire naître une certaine inquiétude chez ceux à qui l’on devait l’administrer d’abord sans limite d’âge, réservé ensuite aux plus de 60 ans pour être finalement injecté aux plus de 40 ans. A cela, il faut ajouter la très récente décision européenne de ne plus s’approvisionner de ce vaccin tout en garantissant que ceux qui en ont bénéficié en première dose auraient bel et bien la seconde du même vaccin.

Il faut savoir que, comme tout vaccin celui contre le COVID comporte le risque de voir apparaître quelques effets secondaires, comme un état grippal, quelques douleurs musculaires ou localisées à l’endroit de l’injection.

Le taux d’immunité collective est fixé à 70 %. Il s’obtient en additionnant le nombre de personnes vaccinées à celles ayant une immunité naturelle ou obtenue par une contamination préalable. C’est pourquoi la vaccination est fondamentale dans la lutte contre la pandémie et dans la perspective de retrouver une vie sans contraintes. Et, cela semble fonctionner puisque tous les chiffres, que ce soient ceux des contaminations, des hospitalisations, du nombre de patients en soins intensifs ou encore, et c’est le plus important, ceux des décès liés à la pandémie baissent quotidiennement.

La vaccination est, depuis toujours, importante pour la santé publique .

Chaque année, la vaccination permet de prévenir deux à trois millions de décès dus à des maladies comme la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la grippe et la rougeole. La mortalité due à la rougeole a d’ailleurs diminué de 80% dans le monde, passant d’environ 545 000 décès en 2000 à 110 000 en 2017.

Si la couverture vaccinale mondiale s’améliorait encore, 1,5 million de décès supplémentaires pourraient être évités.

La vaccination obligatoire des enfants instaurée en 1967 a permis l’éradication en Belgique de la poliomyélite. La presque totalité des parents y soumettent de bonne grâce leurs bambins. Les 98 % d’enfants vaccinés protègent en quelque sorte les 2 % de réfractaires de cette maladie très contagieuse et incurable  et pour laquelle seule la prévention est efficace.

Si aujourd’hui en Belgique seule la vaccination contre la polio est encore obligatoire, nombre de collectivités – crèches, écoles, prégardiennats – et milieux d’accueil agréés par l’ONE (office national de l’enfance) exigent une attestation de vaccination contre la diphtérie, la coqueluche, les infections à Haemophilus influenzae de type b, la rougeole, la rubéole et les oreillons et ce, dans le but tout à fait légitime de préserver la santé de tous les enfants.

Rares sont ceux qui refusent de se conformer à cette obligation.

Pourquoi dès lors ne pas rendre aussi la vaccination contre une maladie aussi contagieuse que la/le COVID obligatoire ?

L’ampleur de la pandémie et une létalité bien supérieure à celle d’une grippe saisonnière pourraient le suggérer or elle ne se fait que sur base volontaire, dans le respect de la liberté individuelle.  Celle-ci, dit le ministre de la santé, repose sur les principes de respect de l’autonomie individuelle et de l’intégrité physique de la personne.

Nous savons que le seul moyen éthiquement acceptable pour atteindre l’immunité collective réside dans la vaccination. Laisser circuler le virus dans l’espoir d’obtenir cette immunité est une option qui ne peut être envisagée car elle impliquerait potentiellement la mort de milliers de personnes.

Cependant, de nombreux Belges se méfient de cette technologie élaborée en un temps record (après plus de 40 ans, il n’existe toujours pas de traitement préventif contre le VIH) et dont ils craignent encore les effets et l’efficacité à long terme.

La vaccination prioritaire du personnel de santé qui, pour la plupart s’y est soumis volontairement, devrait être de nature à rassurer sur une éventuelle dangerosité du produit. Une hécatombe parmi cette catégorie professionnelle n’était pas envisageable et aurait été une véritable tragédie.

Si les réticences devaient s’avérer trop nombreuses rendant le taux de vaccination insuffisant, les experts du Comité de bioéthique précisent qu’alors on ne pourra pas faire l’impasse tout au moins sur un débat pour la rendre obligatoire.

« L’immunité collective est un bien commun. La solidarité impose un devoir de protection à l’égard des plus fragiles, écrivent les experts du Comité de Bioéthique, et dans ce cas, l’obligation vaccinale sera éthiquement acceptable, compte tenu du danger que représente la/le Covid-19 pour certains groupes de population. »

Si l’immunité collective n’intervient pas suffisamment vite, l’épidémie pourrait reprendre vigueur et mettre a néant les efforts consentis durant de longs mois dit Florence Caeymaex, chercheuse au FNRS, professeure de philosophie éthique à l’ULiège et Présidente du Comité Consultatif de Bioéthique.

Dans la lutte contre cette longue pandémie, la solidarité doit être de mise. Chacun doit y mettre du sien et ne pas compter sur le fait que son voisin a été vacciné pour pouvoir s’en dispenser. Si tel est le cas, il ne faudra pas s’étonner que des mesures plus radicales soient prises et que la piqûre soit rendue obligatoire.

Faudrait-il rendre la vaccination obligatoire pour le personnel soignant ?

La vaccination du personnel médical répond à une double but :

Il s’agit tout d’abord de prémunir les travailleurs du risque de contamination en leur assurant une protection individuelle et ensuite d’éviter au personnel soignant de transmettre aux patients une maladie potentiellement dangereuse pour eux.

L’arrêté royal du 4 août 1996 a rendu obligatoire en milieu de soins, la vaccination contre l’hépatite B et contre le tétanos de même que le dépistage de la tuberculose par test tuberculinique.

En ce qui concerne le COVID, l’impact du virus sur les personnes hospitalisées ou sur les résidents des maisons de repos semble suffisamment important pour justifier lui aussi l’obligation vaccinale.

Quoiqu’il en soit, les soignants devraient à tout le moins avoir une obligation morale de se faire vacciner, la santé de leurs patients en dépend.

Donner plus de libertés aux personnes vaccinées ?

L’idée de rendre la vaccination obligatoire pour permettre de revenir à certaines activités comme faire des voyages de longues distances en avion, assister à des événements de grande ampleur comme des festivals, des concerts, … est dans l’air. La vaccination deviendrait alors un précieux sésame.

Un certificat COVID européen permettra aux ressortissants européens de circuler librement à travers le territoire de l’Union. Il pourra également faciliter l’accès à de grands événements comme des festivals, des compétitions sportives de grande ampleur, …

Ce certificat attestera qu’une personne a été vaccinée. Dans le cas contraire, celle-ci devra apporter la preuve d’un test négatif ou d’une immunité liée au fait d’avoir eu la maladie.

Il est évident que la vaccination facilitera les déplacements de ceux qui pourront en faire la preuve. Pour les autres, des tests négatifs devront être présentés à l’entrée de chaque pays.

Une fois la campagne de vaccination à laquelle chaque citoyen européen aura accès gratuitement, sera terminée, les détenteurs du passeport verront leur vie grandement facilitée.

Faut-il y voir une discrimination par rapport à ceux contraints d’effectuer le test ? L’accès à la vaccination est gratuit. Ceux qui, pour des raisons qui leur sont personnelles, ont choisi, au nom de leur liberté, de la refuser en assument les conséquences.

Quoiqu’il en soit, plus la couverture vaccinale sera importante, plus vite nous retrouverons le « monde d’avant ».

 

 

Maigrir à tout prix ? Les pièges de l’industrie de l’amincissement

A chaque époque de l’histoire, la recherche de l’idéal de beauté a amené les hommes et les femmes à entreprendre des régimes ou à avoir des pratiques parfois farfelues. Durant l’antiquité, le médecin grec Hippocrate conseille de : « manger une seule fois par jour, de faire de l’exercice physique avant de manger, de dormir le moins possible, de dormir sur un lit dur, de rester nu le plus longtemps possible, etc. ».1

Si aujourd’hui, la minceur a tendance à être considérée comme la norme, cela n’a pas toujours été le cas. Pendant la préhistoire, l’Antiquité et le Moyen Age, avoir de l’embonpoint était considéré comme quelque chose de positif. Il s’agissait d’un signe d’opulence à une période où la famine pouvait souvent régner.

Progressivement, l’idéal de minceur s’est installé aussi bien pour des raisons religieuses que de santé. La minceur est devenue une sérieuse préoccupation au sein de la bourgeoisie au XIXe siècle pour devenir un véritable phénomène de mode au XXe siècle.2

Actuellement, on assiste à un réel paradoxe : « La critique sociale et le rejet vis-à-vis de toutes les formes de grosseur est extrême, et ce, malgré l’augmentation du nombre de cas d’obésité ». L’envie de correspondre aux modèles de beauté incite souvent à se tourner vers des solutions rapides tant vers des type produits3, que des services4 et ou moyens5 amaigrissants. Leurs promesses sont
bien alléchantes pour ceux et celles qui souhaitent perdre leurs kilos indésirables rapidement.6 Une étude réalisée en 2010, montre qu’il ne s’agit pas d’une préoccupation isolée puisque « pas moins de 92% des Belges interrogés reconnaissent vouloir perdre du poids et 74% d’entre eux déclarent avoir déjà entamé un ou plusieurs régimes ».7

La préoccupation excessive à l’égard du poids s’impose comme un phénomène social qui banalise le recours à des méthodes parfois dangereuses. « La stigmatisation des personnes en surpoids est un phénomène répandu, tant au sein des familles, amis, collègues que chez les professionnels de la santé ». Faiblesse dont profite l’industrie de l’amincissement8.

Différentes études ont démontré l’inefficacité des régimes à long terme puisque « dans 95% des cas, les personnes regrossissent dans les trois ans et dépassent souvent leur poids initial ».9 Autant d’échecs qui poussent certaines personnes à se tourner vers des « remèdes miracles » qu’ils soient autorisés ou non en Belgique.

Quand la presse et la science se font berner.

« Le chocolat aide à rester mince » : cette allégation minceur, on a pu la lire dans la presse en 2015 et elle continue de tourner sur les réseaux
sociaux. Beaucoup de gens aimeraient que cette légende soit vraie. Mais d’où vient-elle ?

Deux journalistes de la télévision allemande ont lancé l’étude suivante : « seize sujets volontaires, cinq hommes et onze femmes de 19 à 67 ans, ont suivi les recommandations des expérimentateurs pendant trois semaines, mais ils ignoraient qu’ils allaient participer à une étude truquée ». 10 Ils ont ensuite fait paraître l’étude Chocolate with high cocoa content as a weight loss accelerator dans une revue scientifique.11

Leur objectif ? Montrer qu’une étude faite avec des moyens scientifiques limités et basée sur un concept peu vraisemblable, « le chocolat fait maigrir », pouvait être publiée dans une revue scientifique, puis reprise par d’autres médias. L’étude a facilement pu être publiée dans une revue spécialisée : « l’International Archives of Medicine, moyennant simplement la somme de 600 euros et sans aucune relecture par les pairs ». Ensuite, tout le monde s’en est emparé.

Les journalistes ont donc atteint leur but, ils ont ainsi prouvé qu’on pouvait faire facilement parler des études « scientifiques » et leurs résultats.

Quelques méthodes utilisées par l’industrie de l’amaigrissement

Les entreprises qui vendent des produits minceurs sont extrêmement nombreuses. La première est l’(ancienne) grande star de l’amincissement pendant des années, elle semble actuellement plus discrète. En Belgique, même son changement de nom est presque passé inaperçu même si l’entreprise brasse chaque année plusieurs millions de dollars ?. La deuxième entreprise, vous la voyez partout et tout le
temps à la télévision, jusqu’à trois publicités sur un seul interlude de cinq minutes. La dernière a été choisie parce qu’elle est un peu différente, peut-être avec un accent plus jeune, détourné du simple régime, on ne vous promet pas un simple amincissement mais une remise en question de toute votre alimentation et de votre mode de vie.

Des pratiques commerciales qui frôlent avec la légalité, le harcèlement, la vente presque forcée, le régime alimentaire peu équilibré, allant jusqu’à provoquer des carences, certaines compagnies ne reculant devant rien pour vendre leurs produits.

L’ « ancienne » grande star du régime

L’entreprise est fondée en 1963 aux Etats-Unis. Des millions de personnes à travers le monde auraient suivi un de leur programme. Leurs principes ? Un régime à points et des réunions collectives. Au départ, il s’agissait principalement de prendre conscience de ce que l’on consommait et de se rendre chaque semaine à des réunions, pour évaluer la perte de poids. Etre félicité et encouragé si tout se passait bien ou « réprimandé » par l’animatrice si la perte n’était pas suffisante. En 2013, cette société était présente dans une quarantaine de pays, et présentée comme le leader mondial des services liés à la perte de poids, « organisant chaque semaine 50 000 réunions accueillant 1,4 million de membres ».12

Une société désormais en perte de vitesse mais dont le chiffre d’affaires a atteint 1,45 milliards de dollars en 2017. Un phénomène qui s’explique probablement par la grande concurrence sur le marché de la minceur. Mais peut-être aussi à cause des résultats : une étude publiée en 2007 dans le British Journal of Nutrition, met en avant que le taux d’échec à 5 ans du programme atteindrait 84% ».13 Un changement de nom pour changer l’image qui colle à la peau de cette société.

Le régime que vous voyez à chaque spot publicitaire

A chaque interlude publicitaire, vous aurez droit soit à leur directeur qui vous garantit que ce régime vous conviendra, soit à une de leur coach minceur que vous pourrez avoir au téléphone, ou encore à une cliente satisfaite, tout le monde est là pour vous pousser à vous lancer dans leur aventure. « Vous ne risquez rien puisque la première semaine est offerte ».

Le principe est simple : des plats régimes, livrés directement à votre domicile. Ils vous envoient la nourriture pour un mois en une fois : quatre grosses boîtes arrivent donc chez vous. Si vous voulez bénéficier de la semaine gratuite et arrêter le programme, il vous faudra donc renvoyer les trois semaines restantes, engendrant ainsi des coûts et demande au client du temps. Autant de raisons qui poussent les insatisfaits à conserver leur colis malgré la déception.

Environ 500 euros pour un mois, ce n’est pas donné mais au téléphone on vous garantit que c’est très peu finalement, que cela vous coûterait
de vous nourrir et que c’est pour votre bien. Si on ne tient pas compte de la qualité des produits proposés. En termes de santé, les repas ne couvrent pas les besoins journaliers.14

Les commentaires sur internet sont soit très élogieux, tout est rose, le régime permet une perte rapide de poids, soit ils mettent en avant de graves manquements en particulier au niveau du service après-vente. Chaque commentaire est lu et commenté par la marque, qui tente de maintenir au maximum sa réputation.15

Besoin d’un nutri-coach ?

De belles photographies, des promesses d’une vie plus saine et d’un amaigrissement durable, vous avez peut-être eu un contact sur les réseaux sociaux qui vous veut du bien ; mais qu’est-ce qui se cache derrière cette entreprise ?

L’entreprise fondée dans les années 1970 aux USA développait au départ des détecteurs d’incendie et de fumée. Dans les années 1980, elle élargit son offre aux filtres à eau et à air. En 1993, elle se tourne vers la vente de compléments alimentaires en se définissant comme : « une entreprise mondiale fructueuse qui aide toujours les gens à avoir une vie meilleure dans, aujourd’hui, plus de 20 pays ».16

Le nutri-coach qui essaie de vous vendre ses produits n’est pas diététicien. Le métier de nutritionniste n’est en effet pas protégé comme l’est celui de diététicien. N’importe qui peut donc s’improviser nutri-coach et proposer des conseils. Le coach a deux missions : la première est de publier un maximum de choses pour vous faire rêver et vous donner envie de vous lancer dans l’aventure pour avoir une vie plus saine, pour maigrir. Chacun de vos achats lui rapporte de l’argent. Le deuxième objectif est de convaincre certaines personnes de se lancer également dans l’aventure « nutricoach » puisque l’entreprise fonctionne par le marketing de réseau.

Le principe est de vendre via un réseau de revendeurs, qui vont à leur tour vendre à leurs contacts proches ou lointains, avec la possibilité de parrainer également d’autres vendeurs en échange d’une commission cumulative sur les ventes.17 C’est avec ce même système que fonctionne Tupperware. Le recrutement d’autres vendeurs est une clé du système, des petits vendeurs amateurs qui vont créer un peu de chiffre d’affaire mais qui n’auront eu que très peu de bénéfices de leurs ventes.

Les nutri-coaches sont donc des gens qui vous  peut-être du bien mais qui cherchent surtout leur propre bénéfice.

Les médicaments pour maigrir

A la recherche « médicaments pour maigrir vite », Google propose plus d’un million d’occurrences. Autant de produits qui sont vendus en toute légalité dans les supermarchés, dans les pharmacies ou encore sur internet. Ces médicaments sont très nombreux en vente libre, ils ont pour but de couper l’appétit ou d’empêcher l’absorption des graisses.

L’envie de maigrir plus vite incite également certaines personnes à acheter des remèdes miracles sur internet qui sont en réalité des médicaments illégaux. L’AFSCA recense différents produits dangereux qui ont été commercialisés : 26 cas d’intoxication avec du Clenbutérol ont été constatés. Il s’agit d’un médicament (Ventipulmin) uniquement destiné au traitement de chevaux présentant des problèmes respiratoires et qui est régulièrement utilisé pour ses propriétés amincissantes ». On retrouve en vente des capsules qui contiennent des pesticides : le DNP. Ce produit aura coûté la vie à plusieurs personnes à travers le monde.18

Les contrôles et la loi dans tout cela ?

Aux États-Unis, on estime à 23.005 le nombre de visites annuelles, aux urgences des hôpitaux, attribuées aux effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires. Il arrive à l’AFSCA de détecter des produits illégaux et dangereux dans certains produits commercialisés sur internet, ils sont alors retirés de la vente. 19

De nombreux produits pharmaceutiques présentent des allégations : «sans sucres ajoutés», «réduit le cholestérol» ou plus spécifiquement
sur les produits minceurs : contribue à la perte de poids dans le cadre d’un régime», «aide à affiner ou préserver votre silhouette», «freine l’absorption des graisses et stimule l’élimination des lipides et des glucides»….autant d’appellations qui poussent souvent les consommateurs à acheter ces produits. Selon Test- Achat : « une allégation doit identifier le nutriment actif ainsi que son effet exact et, bien sûr, être prouvée. Evidemment, c’est loin d’être toujours le cas ». 20 L’Union européenne a donc décidé de créer une loi en 2007 pour lutter contre les allégations mensongères et depuis 2012, les étiquettes et les messages publicitaires qu’ils soient présentés sur internet, à la télévision ou sur tout autre moyen de diffusion doit répondre à des critères bien précis sous peine d’être dans l’illégalité. 21 Cependant, les spécialistes du marketing sont assez forts pour détourner les réglementations européennes qui sont encore trop vagues et laissent plus à l’interprétation. 22

Quand le scalpel devient une solution : Les opérations bariatriques

Aujourd’hui, l’opération seule peut parfois être la dernière solution, ou la solution de facilité pour certaines personnes. Des opérations qui ont chaque année plus de succès. Les médecins prescrivent moins de régime, certaines émissions de télévision qui présentent ces opérations comme la solution rêvée. En 2017, 14.000 opérations ont été pratiquées en Belgique, selon des chiffres de l’INAMI.23

Il existe principalement deux types d’opérations bariatriques : le sleeve qui permet de réduire la taille de l’estomac et le by pass qui diminue l’ingestion et absorption des aliments.

Pour subir une telle opération, il faut normalement répondre à des critères très sévères comme être atteint d’obésité morbide, avoir déjà
tenté de maigrir par des moyens plus traditionnels. D’autres facteurs de risque peuvent faciliter l’accès à l’opération : comme le diabète ou des apnées du sommeil.

Certains médecins peu scrupuleux réalisent des opérations sur des patients qui n’y ont pourtant pas droit en rajoutant quelques kilogrammes au patient ou en prétendant réaliser une autre opération.24 Là encore, maigrir peut vite devenir un business.

Si l’opération permet de fortement maigrir, elle présente également des risques (carences, troubles neurologiques, des complications générales (respiratoires, cardiaques, hépatiques, ..), le taux de ré-intervention est assez élevé. Beaucoup de risques et de désagrément quand on sait que 20 % des patients ne connaîtront pas une stabilité pondérale dans les dix ans.25

Pour clôturer

Alors que dans le monde, un milliard de personnes souffrent actuellement de faim et de sous-alimentation, nos sociétés occidentales sont de plus en plus sédentaires, mangent souvent mal et l’obésité est de plus en plus fréquente. Pourtant, la minceur reste l’idéal à atteindre, tous les
moyens de maigrir sont donc bon à prendre. L’industrie l’a bien compris et surfe sur la vague pour vendre à prix d’or, ce rêve de silhouette idéale.

Que le prix en soit l’argent ou la santé.

Marie Béclard
FAML

1 S. PEQUET, Maigrir à tout prix. Une obsession intemporelle, édition 2010, p. 7, article consulté sur le site https://
questionsante.org/assets/files/EP/maigrir-1.pdf
2 S. PEQUET, Maigrir à tout prix. Une obsession intemporelle, édition 2010, p. 15, article consulté sur le site https://
questionsante.org/assets/files/EP/maigrir-1.pdf
3 On entend par produit tout ce qui se réfère aux produits de santé naturel et aux substituts de repas.
4 On entend par les services : les programmes commerciaux, les programmes offerts dans les centres d’entraînements et les groupes d’entraide
5 On englobe, dans cette catégorie ,les timbres minceurs (patches) ,crèmes minceurs ,vêtements minceurs, bref tout appareil ou produit pour la perte de poids.
6 ht t p : / / w w w . a s p q . o r g / u p l o a d s /pdf/565cac833208fappel-a-l-action_2015-11-30.pdf
7 S. PEQUET, Maigrir à tout prix. Une obsession intemporelle, édition 2010, p. 7, article consulté sur le site https://questionsante.org/assets/files/EP/maigrir-1.pdf
8 ht t p : / / w w w . a s p q . o r g / u p l o a d s /pdf/565cac833208fappel-a-l-action_2015-11-30.pdf P.8
9 L. Azernour-Bonnefoy, Maigrir : sachez écouter votre corps !, interview du docteur Jean-Philippe Zermati, juin 2010 – www.sante-az.aufeminin.com repris dans S. PEQUET, Maigrir à tout prix. Une obsession intemporelle, édition 2010, p. 7, article consulté sur le site https://questionsante.org/assets/files/EP/maigrir-1.pdf
10 Informations consultées le 8 février 2019 sur le site https://www.acrimed.org/Le-chocolat-fait-maigrir-quandmedias-et-publications-scientifiques-se-font
11 Informations consultées le 8 février 2019 sur le site https://www.acrimed.org/Le-chocolat-fait-maigrir-quandmedias-et-publications-scientifiques-se-font
12 Informations consultées le 8 février 2019 sur le site https://fr.wikipedia.org/wiki/Weight_Watchers
13 ht tps: //www.ncbi .nlm.nih.gov/pmc/ar ticles/PMC3145588
14 Informations consultées le 02 février 2019 sur le site https://www.rtbf.be/info/societe/onpdp/detail_on-ateste-le-regime-comme-j-aime-pendant-1-mois-attentiondanger?id=10057284
15 Informations consultées sur le 10 février 2019 sur le site https://fr-be.trustpilot.com/review/commejaime.fr
16 Informations consultées le 10 février 2019 sur le site https://www.juiceplus.com/be/fr/franchise/about-the-juiceplus-company/juiceplus-company
17 Informations consultées sur le 01 mars 2019 sur le site https://www.conseilsmarketing.com/e-marketing/lemarketing-de-reseau-comment-ca-marche
18 Informations consultées le 10 février 2019 sur le site http://www.afsca.be/publicationsthematiques/_documents/2014-06-18_Rapport_annuel_CMDH_2013.pdf
19 Informations consultées le 8 février 2019 sur le site http://www.afsca.be/comitescientifique/avis/2013/_documents/AVIS28-2013_FR_DossierSciCom2012-23.pdf
20 Informations consultées le 2 février 2019 sur le site https://www.test-achats.be/sante/alimentation-et-nutrition/regimes-allergies/dossier/allegations-minceur
21 https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/general-function-health-claims-under-article-13
22 Informations consultées le 2 février 2019 sur le site https://www.test-achats.be/sante/alimentation-et-nutrition/regimes-allergies/dossier/allegations-minceur
23 Informations consultées le 2 février 2019 sur le site https://www.rtbf.be/info/societe/detail_obesite-les-derives-
du-recours-a-la-chirurgie?id=10131757
24 Informations consultées le 2 février 2019 sur le https://www.rtbf.be/info/societe/detail_obesite-les-derives-du-recours-a-la-chirurgie?id=10131757
25 Informations consultées le 2 février 2019 sur le site http://www.uclmontgodinne.be/files/2016qo_chirurgie_bariatrique.
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