La maltraitance infantile: une souffrance contrainte à un manque d’accueil

Mathilde Anselot - Assistante en psychologie clinique

A l’heure actuelle, chaque année est porteuse d’un nombre plus important de cas demaltraitances infantiles à travers le monde et bien que cette élévation soit présente, les moyens pour y faire face demeurent précaires dans de nombreux pays qui ne bénéficient pas d’un soutien développemental suffisant pour les prendre en charge.

Des plans de défense et de protection des enfants visant au respect de leurs droits, de leur dignité et à l’abolition de toute forme de traitement allant à l’encontre de leur intégrité se sont déployés ces dernières années avec l’espoir d’une mise en application de ceux-ci à l’échelle mondiale mais leur intégration reste lente et encore trop souvent entravée par des facteurs principalement économiques et politiques.

Situation en Belgique

En Belgique, l’année 2021 a compris à elle seule 7038 signalements auprès des équipes SOS enfants et a été synonyme d’une forte augmentation de cas au regard des années précédentes.[1] La plus large partie de ceux-ci ont été effectués par le Service d’aide à la jeunesse, les systèmes protectionnels, les milieux éducatifs et médicaux ainsi que, dans une plus petite mesure, par des personnes faisant partie de l’entourage direct de l’enfant tels que des amis, voisins,…

Selon la définition reprise par l’OMS, la maltraitance comprend :

« Toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou psycho-affectifs, de sévices sexuels, de négligences ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité dans un contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir».

Dans la majorité des signalements recensés, les mauvais traitements subis sont reliés à des cas de maltraitances intrafamiliales[2] qui, de par leurs aspects, exercent un frein sur la parole de l’enfant. Celui-ci se retrouve alors pris dans un conflit de loyauté face à la peur des conséquences qu’engendrerait un témoignage sur les différents membres de la famille et les relations qu’ils entretiennent.

En plus de l’influence de ces contextes familiaux, la souffrance des enfants est souvent réduite à un silence soutenu par des systèmes sociaux et éducatifs qui ont tendance à restreindre les manifestations libres de leurs expressions émotionnelles et à maintenir une conception de la maltraitance infantile comme étant un sujet tabou.

A cela s’ajoutent le peu de visibilité dont font état de nombreux cas ainsi que le manque de places disponibles pour les accueillir qui tendent à les laisser démunis face à un isolement représentant une source d’anxiété supplémentaire au sein d’une situation déjà emplie d’incompréhension quant à ce qu’ils ont à subir.

Malgré l’existence de plusieurs organismes de protection et de programmes de sensibilisation à but préventif, leur capacité d’accueil et leur mise en oeuvre restent limitées, ce qui ne leur permet malheureusement pas de fournir une aide à l’ensemble des cas signalés et laisse en suspens le déploiement de thérapies adaptées à l’accompagnement des états fragiles dans lesquels se trouvent ces enfants.

Face à ces situations, les victimes qui éprouvent déjà des difficultés d’accès à ceux-ci sont régulièrement mises sur liste d’attente ou redirigées vers des services ne disposant pas forcément de fonctions appropriées et de personnes formées en conséquence pour répondre à leurs besoins spécifiques de soins.

Étant donné le manque de possibilités, de nombreux enfants sont également maintenus dans une famille d’origine qui peut les exposer à une menace pour leur santé ou être soumis à des allées et venues entre différentes familles d’accueil dans un contexte marqué par les ruptures familiales et l’absence de repères.

Face à ce quotidien souvent empreint d’insécurité, une présence disponible pour les accueillir dans leurs traumatismes et encourager l’expression de leurs ressentis en respectant leur rythme et en soutenant la création de nouveaux liens de confiance leur est essentielle.

Le recours au placement, lorsqu’il n’existe d’autre possibilité qu’ une mise à l’écart du milieu familial pour garantir sa protection, n’est pas dénué d’impact sur l’enfant et nécessite la mise en place d’un lieu de vie propice à l’accompagnement de ses besoins affectifs et de son développement personnel durant ce temps d’éloignement.

Lorsqu’il peut s’effectuer dans un environnement favorable et sur une durée continue, cet accueil dans un autre cadre de vie peut s’avérer être bénéfique et représenter un tremplin vers une nouvelle stabilité.

Des conséquences à long terme

Les conséquences[3] sociales et développementales qu’ont les actes de maltraitances sont multiples et sont influencées par le type de violence subie ainsi que l’âge et le sexe de l’enfant.

A l’origine d’une large part de difficultés relationnelles, émotionnelles, comportementales et cognitives qui constituent une entrave à leur fonctionnement quotidien, celles-ci font appel à l’usage d’interventions précoces qui puissent limiter leur installation sur le long terme et agir sur la préservation de la santé tout en favorisant le maintien de relations sociales enrichissantes.

Chaque cas est personnel et demande un suivi spécifique pour répondre de la manière la plus adéquate possible aux particularités et à la sensibilité qu’il revêt.

Un soutien bienveillant à leur épanouissement psychique, physique mais également à la fonction parentale ( avec des approches adaptées selon qu’elle se situe ou non à la source des maltraitances) représente l’opportunité d’agir auprès des différents membres de la famille et de les soutenir, lorsque cela est envisageable, dans la reconstruction de relations familiales dans l’après du traumatisme. Un accès à une résilience et à une reprise de confiance en leurs capacités suite aux événements vécus requiert une aide durant un certain temps mais aussi une mise à disposition de lieux d’accueil où il leur est possible d’être entendus et reconnus comme des individus à part entière dans la réalité de ce qu’ils vivent.

Un besoin de nouvelles perspectives

Ces constats marquent l’importance de tendre vers un développement plus large de l’aide actuelle et d’agir, tant au niveau de l’intervention précoce et de la réponse donnée aux violences subies que sur les conditions budgétaires et sociales qui freinent le bon déroulement et l’essor des prises en charge. Cela nécessite également des changements au sein des politiques de sensibilisation actuelles afin d’augmenter l’accès aux infrastructures existantes et d’améliorer, auprès de l’entourage de l’enfant et des professionnels qui font partie de son environnement, la mise à disposition d’informations concernant les signaux caractéristiques présents en cas de situations à risque.

C’est un accompagnement dans la durée qui demande des soutiens financiers, légaux et humains supplémentaires afin de renforcer les conditions d’accueil, de soutenir la régularité du suivi au sein des organismes et d’élargir les possibilités d’établissement de contacts directs avec les enfants et leurs familles à travers un travail de réseau effectué entre les intervenants.

Souvent condamnée à passer inaperçue, la réalité de cette problématique sociétale requiert une attention particulière pouvant constituer la source d’une amélioration de leur bien-être et une réponse à leurs droits fondamentaux qui comprennent entre autres le fait de vivre à l’abri de la violence et d’être respectés dans leur intégrité physique, morale, psychologique et sexuelle.

L’apport d’une approche qui soit à la fois en accord avec ces droits et qui favorise leur participation aux décisions les concernant est indispensable pour enrayer les systèmes discriminatoires dans

lesquels ils se retrouvent régulièrement et qui tendent à dévaluer leur parole en les maintenant dans un état d’infériorité et d’inégalité face à la loi.

Leurs besoins primordiaux ne peuvent être occultés et se résoudre à un placement dans l’attente d’un accès à de meilleures conditions de vie et à une liberté d’existence.

  1. « ONE en chiffres, rapport d’activités 2021 », mis en ligne sur www.one.be
  2. « Etat des lieux de l’enfance et de la jeunesse en fédération Wallonie-Bruxelles 2020-2022», mis en ligne surhttps://oejaj.cfwb.be/,
  3. « Global status report on preventing violence against children 2020 », mis en ligne surwww.unicef.org.

Protection de l’enfance : un secteur en crise et des mineur.e.s en danger

Lola Cantella - FAML

Alors que la parentalité exige un soutien solide, le cri de détresse du secteur de l’aide à la jeunesse résonne : le manque de moyens nuit aux familles en difficulté et met en danger des milliers de mineurs.

Vingt-cinq des vingt-six services de l’aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles, se sont mis en grève, du 22 juin jusqu’au 12 juillet 2023[1]. D’autres manifestations et grèves ont eu lieu depuis lors.

Le Service de l’Aide à la Jeunesse (SAJ) et le Service de Protection Judiciaire (SPJ) sont deux entités qui interviennent dans le domaine de la protection de l’enfance en Belgique francophone[2]. Le SAJ intervient principalement de manière préventive, et collabore avec les familles en difficultés. Le SAJ propose des mesures éducatives et de soutien. En revanche, le SPJ intervient lorsque la situation d’un enfant est jugée plus critique, nécessitant une intervention judiciaire pour assurer sa protection, à la suite d’une décision du Tribunal de la jeunesse. En résumé, le SAJ agit en amont pour prévenir les difficultés, tandis que le SPJ intervient de manière plus formelle lorsque la protection de l’enfant est en jeu et que des mesures judiciaires sont nécessaires.

Le SAJ et le SPJ travaillent en collaboration avec d’autres entités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, telles que des services de préventions, l’IPPJ (Institution publique de l’aide à la jeunesse), l’EMA (Equipe mobile d’accompagnement), le CCMD (Centre mobile de mineurs dessaisis), ainsi qu’avec différents services pédopsychiatriques. Ces différentes organisations publiques collaborent aussi avec des acteurs privés, qui sont des associations.

Des jeunes en souffrance

La pandémie de Covid-19 a entraîné des conséquences graves sur le bien-être des jeunes. Les données disponibles montrent que les différents confinements ont amené à une hausse des violences intra-familiales et conjugales[3]. Les politiques de restriction ont isolé les enfants et adolescant.e.s victimes de violences, et cela a conduit à des situations dramatiques. Au fur et à mesure des mois, le nombre de signalements a explosé[4]. Au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les situations d’enfants en danger ont augmenté de 5%[5].

Selon un rapport de l’OCDE, le nombre de symptômes de dépressions et d’anxiété a doublé chez les jeunes[6]. Le rapport démontre aussi que la jeunesse souffre d’une plus grande solitude que le reste de la population. Marie Delhaye, cheffe du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Erasme, explique que le nombre d’adolescent.e.s avec des troubles alimentaires a significativement augmenté[7]. Il en est de même pour les comportements à risques et les tentatives de suicide. Tout cela a conduit à une saturation des services de santé mentale pour les jeunes. D’après Marie Delhaye, le nombre de mineur.e.s en détresse psychiatrique a triplé durant la pandémie. Les jeunes étaient surreprésenté.e.s parmi les personnes ayant recours à des lignes d’assistance téléphonique en santé mentale[8].

D’autre part, le chômage de longue durée conduit fréquemment à de la détresse psychologique. Les jeunes sont justement plus touchés par des difficultés sur le marché du travail. Si l’ensemble des jeunes a été fortement impacté par la pandémie, il est tout de même important de rappeler que la situation socio-économique constitue un facteur de risque significatif. Une étude menée au Pays de Galles montre que les jeunes précaires cumulent les facteurs de risques pouvant amener à des troubles de santé mentale[9]. Il est donc nécessaire d’adopter une lecture située ???des problèmes de santé mentale.

L’inflation vient donc compliquer en plus le bien-être des moins de trente ans. En effet, l’étude « Belhealth » publiée en 2023 par l’Institut de santé publique Sciensano, montre que chez les 18-29 ans, une personne sur trois présente un trouble d’anxiété ou de dépression[10]. La hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie est mentionnée parmi les causes principales de mal-être.

De la maltraitance institutionnelle

Les conditions de travail des travailleur.euse.s du secteur de l’aide à l’enfance sont impactées par l’intensification des violences intrafamiliales, ainsi que la hausse du mal-être chez les jeunes. Les besoins ont significativement augmenté, sans que les moyens pour y parvenir soient déployés. Le secteur ne parvient plus à accomplir correctement sa mission. Les travailleur.euse.s du SAJ et du SPJ ne savent plus prendre en charge tous les dossiers qui leur sont attribués. Comme le dit Jean-Pierre Frennet : « On manque de personnel. Un délégué devrait idéalement gérer 47 dossiers, pas 70 »[11]. Les situations sont aussi beaucoup plus urgentes et inquiétantes qu’auparavant. Les jeunes pris en charge sont dans une grande détresse, et porteur.euse.s de troubles bien plus sévères qu’avant.

Il manque aussi de structures d’hébergement pour mineur.e.s ayant besoin d’être accueillis. « Certains enfants attendent des mois, des années, avant d’avoir une place dans une famille d’accueil. On n’a jamais connu une situation pareille« [12], dénoncent Anne De Keyser et Angélique Semail, employées au SAJ de Bruxelles. Au SPJ de Bruxelles, il faut attendre en moyenne 1 an pour bénéficier d’un accompagnement familial. Pour trouver refuge en centre d’hébergement, le temps d’attente est de 3 ans. Il y a des jeunes qui sont contraint.e.s de continuer à vivre dans leurs familles. Certains enfants en bas âge doivent passer par cinq centres provisoires avant d’être accueillis dans une structure adéquate. D’autres sont placés à l’hôpital.

Pour Bernard De Vos, ancien délégué général aux droits de l’enfant, c’est de la maltraitance institutionnelle[13].Les hôpitaux n’emploient pas de puéricultrices et d’éducateur.ice.s, les enfants ne bénéficient donc pas des soins dont ils ont besoin. C’est la double peine pour des enfants qui sont déjà victimes de violences au sein de leurs foyers. Les enfants polytraumatisés sont encore plus fragilisés par les défaillances du système sensé les protéger.

Les travailleurs.euses en sont conscient.e.s, ce qui est insupportable à vivre au quotidien. Avec la surcharge de travail en plus, les cas de burn-out ont décuplé. Un cercle vicieux est enclenché : il est urgent de pallier au manque d’effectif, mais les conditions de travail sont intenables. Démissions et congés maladies sont donc fréquents. Le secteur n’est plus attractif et il est devenu difficile de recruter.

Face à ce bilan, plusieurs grèves et manifestations ont eu lieu. Des moyens supplémentaires ont été obtenus[14]. Néanmoins, la situation est toujours dramatique et les efforts faits restent insuffisants.

Pas assez de budget ?

C’est généralement l’argument du coût économique qui est avancé pour défendre le manque de moyens accordés à ce secteur. Seulement, en 2021 le budget annuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’accordait que 3% de son budget annuel à l’aide à la jeunesse[15]. En 2022, alors que les violences intra-familiales et la détresse psychologique augmentent, ce budget tombe à 2,7%[16].

La raréfaction des aides financières étatiques engendre des pressions auprès des services, qui doivent se plier à une logique de rapidité et de rendement. Là encore, il s’agit d’un facteur de burn-out[17]. Les enfants ne sont pas des marchandises à vendre. Les situations traitées par les services demandent du calme et de la réflexion. Dans la précipitation, il n’est pas possible de prendre les bonnes décisions.

Les jeunes ne bénéficient donc pas de la protection à laquelle ils ont droit. Selon la convention des droits de l’enfant, tout enfant a droit à une vie de famille, ainsi qu’à une vie décente[18]. Chaque enfant a droit à une protection contre toute forme de violence. Ainsi, en n’accordant trop peu de moyens à la protection de l’enfance, cela revient à une atteinte aux conventions internationales. Dans ce contexte, l’argument économique n’a pas lieu d’être.

Ainsi, le secteur de la protection de l’enfance en Belgique fait face à des défis immenses, exacerbés par la crise du COVID-19. Les jeunes, déjà vulnérables, subissent une détresse accrue, mais les ressources nécessaires pour répondre à ces besoins croissants font cruellement défaut. Les restrictions budgétaires de l’État représentent une barrière supplémentaire, compromettant la capacité à garantir les droits fondamentaux de chaque enfant. On assiste ainsi à une marchandisation du secteur public, et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de publics fragilisés.

Il est impératif de reconnaitre l’urgence de cette situation et de s’engager à allouer les ressources adéquates pour assurer la protection et le bien-être de la jeunesse. Autrement, de plus en plus d’enfants en danger seront livrés à eux-mêmes. Des situations dramatiques vont continuer à perdurer, alors qu’elles pourraient pourtant être évitées.

  1. Belga, É. P. a. L., & Belga, É. P. a. L. (2023, June 29). Les services d’aide à la jeunesse sont en grève pour réclamer des moyens et des places d’accueil. RTBF. https://www.rtbf.be/article/les-services-daide-a-la-jeunesse-sont-en-greve-pour-reclamer-des-moyens-et-des-places-daccueil-11220814
  2. Accueil – portail de l’aide à la jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles. (2023, 11 septembre). https://www.aidealajeunesse.cfwb.be/index.php?id=ajss_accueil
  3. COVID-19 et la violence intrafamiliale – Droits des enfants – www.coe.int. (s. d.). Droits des Enfants. https://www.coe.int/fr/web/children/covid-19-and-intrafamily-violence
  4. Belga, B. (2021, 24 avril). Les signalements d’enfants maltraités en hausse : « Dans certaines régions, les demandes explosent » . La Libre.be. https://www.lalibre.be/belgique/societe/2021/04/24/les-signalements-denfants-maltraites-en-hausse-dans-certaines-regions-les-demandes-explosent-7G3HPBK6MRAKVBC2MIVRPFWAMQ/
  5. Schefferzick, P. T. (2023, 7 juillet). La grève des services d’aide et de la protection de la jeunesse s’intensifie. Le Soir. https://www.lesoir.be/524277/article/2023-07-07/la-greve-des-services-daide-et-de-la-protection-de-la-jeunesse-sintensifie
  6. Préserver la santé mentale des jeunes pendant la crise du COVID-19. (2021). OCDE. https://read.oecd-ilibrary.org/view/?ref=1099_1099618-muxbkalt4b&title=Preserver-la-sante-mentale-des-jeunes-pendant-la-crise-du-COVID-19
  7. Gordillo, A., & Gordillo, A. (2021, 11 février). Coronavirus : l’’épuisement pandémique’ explose en Belgique, surtout chez les jeunes. RTBF. https://www.rtbf.be/article/coronavirus-l-epuisement-pandemique-explose-en-belgique-surtout-chez-les-jeunes-10695492
  8. Préserver la santé mentale des jeunes pendant la crise du COVID-19. (2021). OCDE. https://read.oecd-ilibrary.org/view/?ref=1099_1099618-muxbkalt4b&title=Preserver-la-sante-mentale-des-jeunes-pendant-la-crise-du-COVID-19
  9. Morgan, K., Melendez‐Torres, G. J., Bond, A., Hawkins, J., Hewitt, G., Murphy, S., & Moore, G. (2019). Socio-Economic inequalities in adolescent summer holiday experiences, and mental wellbeing on return to school : Analysis of the School Health Research Network/Health Behaviour in School-Aged Children Survey in Wales. International Journal of Environmental Research and Public Health, 16(7), 1107. https://doi.org/10.3390/ijerph16071107
  10. Cohorte belge Santé et bien-être. (s. d.). sciensano.be. https://www.sciensano.be/fr/projets/cohorte-belge-sante-et-bien-etre
  11. Schefferzick, P. T. (2023, 7 juillet). La grève des services d’aide et de la protection de la jeunesse s’intensifie. Le Soir. https://www.lesoir.be/524277/article/2023-07-07/la-greve-des-services-daide-et-de-la-protection-de-la-jeunesse-sintensifie
  12. Belga, É. P. A. L., & Belga, É. P. A. L. (2023, 29 juin). Les services d’aide à la jeunesse sont en grève pour réclamer des moyens et des places d’accueil. RTBF. https://www.rtbf.be/article/les-services-daide-a-la-jeunesse-sont-en-greve-pour-reclamer-des-moyens-et-des-places-daccueil-11220814
  13. Huysen, I., & Huysen, I. (2021, 18 novembre). Enfants maltraités et placés à l’hôpital, ils peuvent parfois y rester des mois ! RTBF. https://www.rtbf.be/article/enfants-maltraites-et-places-a-lhopital-ils-peuvent-parfois-y-rester-des-mois-10880897
  14. Secteur de l’Aide à la jeunesse – BRAVO et MERCI. (2023, 11 octobre). acvcsc.web.sitefinity.webapp. https://www.lacsc.be/page-dactualites/2023/10/11/jeudi-28-septembre–grande-manifestation-du-personnel-des-secteurs-de-l-aide—la-jeunesse
  15. Les chiffres clef de la fédération Wallonie-Bruxelles. (2021). Fédération Wallonie-Bruxelles. https://statistiques.cfwb.be/fileadmin/sites/ccfwb/uploads/documents/CC2021_web_def.pdf
  16. Les chiffres clef de la fédération Wallonie-Bruxelles. (2022). Fédération Wallonie-Bruxelles. https://statistiques.cfwb.be/fileadmin/sites/ccfwb/uploads/documents/CC2022_version_finale_web.pdf
  17. MELOU François et DAGOT Lionel, (2018, 12 Janvier), La mise à distance dans le travail social : effet sur l’épuisement émotionne < en ligne >, Société et jeunesse en difficulté, Vol 21, consulté le 22/11/21, http://journals.openedition.org.ezproxy.ulb.ac.be/sejed/9325
  18. OHCHR. (s. d.). Convention relative aux droits de l’enfant. https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-rights-child

Une autre voie lactée

Zelda Moore Boucher - FAML

Dans cet article, l’autrice se réfère exclusivement aux ‘femmes cisgenres’ (une personne qui est en harmonie avec le genre qui lui a été attribué à la naissance) pour des raisons de clarté et de contexte, tout en reconnaissant l’importance de respecter les différentes identités de genre.

« À quoi ça sert d’avoir des vêtements si l’on ne peut rien faire dedans ?”

Au cours de l’automne de l’année 2020, la marque plus que centenaire Petit Bateau avait fait le pari de développer une campagne publicitaire qui envoyait un message fort en faveur des familles homoparentales. La griffe devenue intergénérationnelle avait en effet opté pour une communication originale en photographiant une famille composée d’un couple de deux mères et leurs enfants afin de faire la promotion de la collection été 2021 sur leurs réseaux sociaux.

Dans le texte qui accompagnait en légende l’une des photos, Petit Bateau portait un message engagé et bienveillant : « L’amour ne prévient pas, et l’adage dit vrai au regard de l’histoire de Pauline et Sarah. L’amour n’a pas de goût, pas d’odeur, pas de visage et pourtant il se lit, se sent, à peine nos yeux se posent sur cette photo.⁣ L’amour c’est aussi de voir deux femmes se conjuguer et devenir mamans, ensemble. Mettre au monde une petite fille aux yeux azur, et l’envelopper de douceur, de bienveillance, de confiance et materner, à deux.⁣ »[1]

À cette époque, la marque du secteur grand public avait ainsi décidé de s’engager activement en faveur des familles homoparentales en osant notamment remettre en question des préjugés persistants qui concernent l’allaitement. Au travers du poignant témoignage de deux femmes, le message de Petit Bateau, diffusé au grand public, mettait en effet en avant le procédé connu sous le nom de « lactation induite » :

« Avec Delphine et Laura, on a appris qu’il n’était pas nécessaire de porter son bébé et le mettre au monde pour l’allaiter. Nos yeux se sont mouillés, et on s’est dit que c’était ça aussi, la magie de l’amour.⁣ »[2]

La lactation induite qu’est-ce que c’est ?

Historiquement on considère généralement que le processus de lactation induite a été développé par un pédiatre canadien, le Docteur Jack Newman, un expert renommé en allaitement maternel. Concrètement cette pratique consiste à stimuler la production de lait chez une femme qui n’a pas récemment ou même jamais accouché. Cela s’applique dans des contextes divers et variés tels que l’appel à une mère porteuse, l’adoption, une personne ménopausée, un couple lesbien ou encore toute autre relation où l’un.e des partenaires souhaitent allaiter.

A l’époque actuelle, notre société se caractérise par une grande diversité de structures familiales pour qui la lactation induite est un soulagement dans la mesure où elle leur offre justement une solution qui n’existait pas auparavant. Contrairement à la pratique dit de « relactation », cette méthode unique et innovante permet aux femmes de produire du lait maternel même si elles n’ont auparavant jamais donné naissance à un enfant. La différence avec la relactation se manifeste donc par le fait que cette dernière se réfère au processus par lequel une femme qui a déjà allaité par le passé, mais a arrêté de produire du lait, tente de relancer sa production lactée. Si la relactation peut impliquer des techniques de stimulation similaires à celles utilisées dans la lactation induite, telles que la stimulation physique des mamelons et l’expression du lait, elle se limite cependant uniquement aux femmes qui ont déjà eu dans leur vie l’occasion d’allaiter.

Le processus

Le processus de lactation induite peut sembler complexe, mais il repose néanmoins sur des principes fondamentaux relativement simples. La première étape consiste à prescrire à la personne voulant induire une lactation une pilule contraceptive combinée (qui lui apporte à la fois de l’œstrogène et de la progestérone) ainsi que de la dompéridone, qui augmente les niveaux de prolactine[3] pendant au moins 16 semaines et continuer jusqu’à 6 à 8 semaines avant la naissance du bébé, puis l’arrêter complètement. Cela signifie une période de 22 à 24 semaines au total.[4] Ensuite, quelques semaines avant la naissance, il faut stimuler régulièrement les seins. Cette opération peut se faire par le biais de la succion manuelle, d’un tire-lait ou même d’un bébé qui tète, si cela est possible. Le but est ici de signaler au corps humain qu’il est le moment pour lui de commencer à produire du lait. Tout au long de cette période, il est essentiel de maintenir une routine de stimulation régulière pour encourager la production de lait.

Il est important de noter que la dompéridone est initialement prescrite pour soulager les nausées et les vomissements et que, prise à très haute dose, cette-dernière peut provoquer des effets secondaires assez lourds chez certaines femmes (tels que des troubles du rythme cardiaque ou encore des dépressions)[5]. D’ailleurs, depuis la publication de l’Arrêté royal du 26.11.2013 au Moniteur Belge, “Arrêté royal modifiant l’arrêté du Régent du 6 février 1946 portant réglementation de la conservation et du débit des substances vénéneuses et toxiques”, l’accès aux médicaments contenant de la dompéridone a été très fortement encadré et ceux-ci ne sont plus disponibles, en Belgique, que sur prescription médicale. Notons par ailleurs que dans cet Arrêté, entré en vigueur le 30 novembre 2013, la dompéridone est également ajoutée à la liste IV des toxiques.[6]

Il également intéressant de souligner qu’aux États-Unis par exemple, ni l’American Academy of Pediatrics, pas plus que l’American Academy of Family Physicians, l’American College of Obstetricians and Gynecologists ou encore l’Academy of Breastfeeding Medicine n’ont agréé ce protocole pour la lactation induite.[7]

Couvrez ce sein que je ne saurais voir

Les normes sociales et les traditions autour de la parentalité et de l’allaitement sont très profondément enracinées et la lactation induite est aujourd’hui considérée comme un processus qui vient directement défier ces normes établies. Les croyances culturelles et religieuses peuvent évidemment jouer un rôle prépondérant dans la façon dont la lactation induite est perçue. Certains groupes culturels ou religieux ont ainsi développé des conceptions particulièrement strictes de la parentalité et de l’allaitement, influençant de facto leur opinion sur cette pratique. Dans leur vision, la lactation induite est souvent associée à l’homosexualité alors qu’historiquement, plusieurs religions portent un regard négatif sur l’homosexualité, voire la condamnent fermement. C’est généralement le cas du christianisme, de l’islam et du judaïsme. Les personnes homosexuelles ont subi et subissent encore des discriminations voire des persécutions de la part d’autorités religieuses ou sous des motifs religieux et la lactation induite semble hélas ici ne pas échapper au même traitement.[8]

Love is love

Malgré les avancées en matière de droits LGBTQIA+, notre société demeure en grande majorité hétéronormative, favorisant bien souvent des normes traditionnelles en matière de relations et de genres. La lactation induite, une pratique controversée qui remet en question ces normes, suscite donc le débat et souffre d’un certain nombre de préjugés en raison de son caractère “non conforme”.

Cependant, il est essentiel de souligner que ces débats et préjugés n’ont pas lieu d’être, car chaque individu, y compris ceux de la communauté LGBTQIA+, devrait avoir le droit de décider de son propre chemin en matière de parentalité et de santé, sans subir quelque discrimination que ce soit en raison de son identité de genre ou de son orientation sexuelle. L’amour et les soins prodigués à un enfant ne sont-ils pas au final bien plus importants que la manière dont il est nourri ?

  1. https://www.facebook.com/petitbateau/photosa.433471668941/10160171350963942/
  2. idem
  3. https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/feuillets-du-dr-newman/1967-la-lactation-induite
  4. idem
  5. https://www.madmoizelle.com/avec-mon-epouse-nous-allaitons-toutes-les-deux-notre-fille-1578309
  6. https://www.afmps.be/fr/news/news_ardomperi_2013_11_30
  7. https://scholarworks.uvm.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1014&context=fammed
  8. https://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_dans_les_religions

Comment les réseaux sociaux influencent les parents

Marie Béclard - FAML

Les réseaux sociaux ont transformé la manière dont beaucoup de parents interagissent, partagent et cherchent des conseils en matière de parentalité. Une enquête récente révèle que la majorité des parents consacrent plus d’une heure quotidienne à des plateformes telles que TikTok, Instagram ou Facebook, soulignant ainsi l’importance croissante de ces médias dans la vie quotidienne des familles. Cependant, malgré cette immersion digitale, de nombreux participants à cette enquête estiment que cela n’a pas d’impact significatif sur leur manière d’être parent. Mais qu’en est-il réellement ? [1]

Les apports positifs des réseaux sociaux

Les parents ou les futurs parents se posent plein de questions dès l’annonce de la grossesse tant au plan biologique que sur le comment mettre en place une bonne parentalité. Des réponses qu’on trouvait seulement dans des livres ou auprès de ses proches mais qui aujourd’hui sont accessibles en quelques clics. Les réseaux sociaux offrent la possibilité de s’entourer d’une communauté d’autres parents disponibles, quasi 24h sur 24h pour répondre à toutes les questions qu’on peut se poser.

Les groupes de parents

Qu’importe la question que vous vous posez, il y a surement un groupe sur les réseaux sociaux qui aura un avis à vous partager, un conseil qu’il soit bon ou mauvais. Les réseaux sociaux permettent de sortir de l’isolement en prodiguant aide et conseils à des parents parfois stressés. Les parents partagent des conseils sur les réseaux sociaux, les sujets les plus courants sont les suivants : faire dormir les enfants (28%), conseils en matière de nutrition/d’alimentation (26%), discipline (19%), garderie/école maternelle (17%) et problèmes de comportement (13%).[2] Recevoir des avis de personnes qui vivent la même chose qu’eux aide d’autant plus les parents que de recevoir ces mêmes informations d’un site impersonnel car ils considèrent cela plus rassurant.

Les thématiques sur lesquelles les parents s’interrogent sont très nombreuses mais nous en avons sélectionné une en particulier: l’allaitement.

L’allaitement

L’allaitement est un sujet qui divise entre injonctions et interdictions. Allaitement ou biberon, c’est une question qu’un grand nombre de parents doivent se poser et les discussions commencent déjà avant la naissance. “Est-ce que le père pourra trouver sa place si je donne le sein?”. “Vais-je devenir l’esclave de mon bébé si j’allaite?”. “Suis-je égoïste si je n’allaite pas pour ne plus avoir à partager mon corps?” .Versus “Qui sont ces mères qui ne veulent pas donner le meilleur à leur enfant”, “le lait de vache, c’est pour les veaux”.

Actuellement, l’Organisation Mondiale de la Santé préconise un allaitement exclusif pendant six mois. Cela implique que l’enfant ne recevra que le lait maternel pendant cette période. Pourtant dans notre société peu de choses sont mises en place pour que les femmes qui choisissent d’allaiter puissent le faire sereinement pendant cette durée préconisée. Par exemple, le congé de maternité légal en Belgique est actuellement inférieur à cette durée de 6 mois.

L’allaitement dans notre société, c’est plein d’injonctions : “allaite mais pas trop longtemps”, “allaite mais pas en public”, “allaite mais va travailler”… Ce combat se retrouve bien entendu sur les réseaux sociaux. De nombreux groupes existent pour épauler les mamans, les conseiller, les soutenir, tenus par des spécialistes de l’allaitement ou par d’autres mamans qui sont passées par là. Des groupes qui accueillent les témoignages de nombreuses mamans qui ont été mal conseillées et qui témoignent de la souffrance d’un allaitement raté.

Analysons une publication de l’OMS qui date de 2016, celle-ci insiste sur l’importance d’allaiter exclusivement les six premiers mois de l’enfant afin de stimuler la santé d’un enfant, son QI, ses performances scolaires et son revenu à l’âge adulte. L’impact d’une telle publication sera-t-il positif ou négatif? Pour les parents qui ont choisi d’allaiter, ils vont se dire bravo, et d’autant plus heureux d’avoir fait ce choix, c’est un biais de confirmation. Pour ceux qui n’ont pas encore dû faire le choix, ne pas allaiter devient donc le choix de rendre son enfant moins intelligent, malade et pauvre. Légèrement culpabilisant, non? Pour les parents qui ont donné les biberons, et bien c’est trop tard selon l’UNICEF … ils ont semblerait-il gaché la vie de leur enfant. Bien que je sois pro allaitement, il est important de nuancer les propos tenus par UNICEF. Il y a quantité d’autres facteurs qui expliquent la réussite scolaire et la richesse future. Mais comment expliquer le raccourci qu’ils font? Prenons par exemple, le fait qu’il y a plus d’enfants allaités après 3 mois dans le Brabant Wallon que dans le Hainaut. Il se peut en effet comme dit par UNICEF que les enfants allaités plus de six mois réussissent mieux à l’école et gagnent plus que ceux non allaités 6 mois dans le Hainaut, mais cette différence peut s’expliquer aussi par le niveau socio-économique des familles, si mes parents mettent tout en place pendant ma scolarité si j’ai des troubles dys, si j’ai la possibilité de faire des études universitaires parce que mes parents ont les moyens de les assumer, j’ai plus de chances qu’un enfant qui n’aura pas ce soutien. Puisque le Hainaut est proportionnellement moins riche que le Brabant Wallon, on peut supposer que l’argent des parents peut-être un facteur favorisant l’allaitement. Si on peut dire qu’allaitement et argent ont un lien, on ne peut pas assurer que c’est l’allaitement maternel qui est responsable de l’intelligence pour autant.

Des impacts …négatifs

Une étude américaine réalisée sur près de 2000 personnes a montré que les mères qui utilisent les réseaux sociaux à la base pour se rassurer sont quatre fois plus susceptibles d’avoir l’impression d’être de“mauvaises mères”. [3] Elles ont l’impression que la société a trop d’attente envers elles. Comme nous l’avons vu avec la publication de l’UNICEF, certains posts peuvent être très culpabilisants.

La pression sociale jusqu’à en mourir

Prenons l’exemple des célébrations pour annoncer le sexe que sont les Gender reveals. Ces fêtes sont récentes et largement médiatisées sur les réseaux sociaux comme Instagram: le # gender reveal donne accès à 3 323 021 publications. On peut à première vue se dire que ce n’est pas méchant, que c’est une simple fête. Mais ces événements sont assez rapidement devenus des compétitions, celui qui fera la fête la plus impressionnante, qui trouvera le moyen le plus exceptionnel d’annoncer le sexe de l’enfant. Des comparaisons qui ont des coûts tant financiers qu’humains, amenant certains parents à se ruiner pour ce type d’événement et à subir une lourde pression sociale. De plus, ces événements sont aussi polluants et continuent à perpétuer des stéréotypes de genre (bleu pour les garçons, roses pour les filles… Sans compter les décès ? qui ont eu lieu lors de l’organisation de gender reveal démesurés.

Les parents influenceurs

Les instamamans, les instapapas, ou les parents influenceurs sur d’autres réseaux sociaux sont nombreux mais il n’existe aucune statistique qui permette actuellement de comptabiliser le nombre d’instamamans présentes sur Instagram par exemple. Mais le #instamom comprend 6 129 867 publications. Tous les jours, ces parents publient des photographies de leur quotidien, de leurs enfants pour le plaisir de leur communauté de followers.

Quand les instamoms parviennent à toucher un assez grand nombre de followers, elles sont contactées par les marques de puériculture ou de vêtements pour enfants par exemple. Des marques qui y voient une réelle aubaine car on sait que le placement de produit fonctionne mieux que la publicité traditionnelle.

Est-ce que ces parents influenceurs ont le droit de partager l’image de leur enfant sur un réseau social à un large public? Est-ce que cela ne viole pas la vie privée de leur enfant? Pour certains, il s’agit d’une exploitation économique de l’enfant lorsque son image est prêtée aux marques dans le cadre de collaborations marketing ?”[4] On appelle cette pratique du sharenting. Ce terme est né de la contraction de «share» (partage) et de «parenting» (parentalité), “le terme sharenting désigne en anglais le fait de poster des photos et/ ou des vidéos de son ou ses enfants sur les réseaux sociaux”. [5]

Prenons Amandine Pellissard, cette maman influenceuse suivie par 383 mille personnes. Sa famille a participé à l’émission Famille nombreuse XXL où ils exposaient leur famille au quotidien. Sur Instagram, elle a partagé la naissance prématurée de son enfant et les difficultés rencontrées. Des posts qui inspirent à la fois compassion et haine.

Quel est l’impact de ces parents influenceurs sur les autres parents? Selon l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, un parent sur deux affirme avoir déjà posté une photo de son enfant sur les réseaux sociaux. Une pratique qui est normalisée par les autres.

Bien que beaucoup de parents déclarent ne pas croire que les “momfluenceurs” décrivent de manière réaliste la maternité, pourtant nombreux d’entre eux désirent reproduire ce qu’ils voient dans les stories. Les parents influenceurs vont parfois jusqu’au oversharenting. En quoi cela consiste? On parle de oversharenting quand des parents publient des informations trop personnelles ou embarrassantes sur leur enfant et qui pourraient avoir des conséquences sur son avenir.

Comment expliquer qu’on ne réalise pas les impacts négatifs que peuvent avoir les réseaux sociaux sur nous?

Il y a différents biais cognitifs qui peuvent expliquer qu’on ne remarque pas les effets.

La gratification immédiate : les réseaux sociaux offrent souvent une gratification immédiate sous forme de likes, de commentaires et d’interactions. Cela donne l’impression que les followers valident nos publications et cela apporte un sentiment de satisfaction mais cette récompense instantanée peut masquer les effets négatifs à long terme, car l’accent est mis sur la satisfaction immédiate. On ne réalise pas que c’est comme une drogue dont on ne peut vite plus se passer. Le plaisir d’avoir des « likes » libère de la dopamine dans le cerveau. La dopamine est un neurotransmetteur lié aux systèmes de récompense, ce qui crée une sensation de plaisir et de satisfaction. Une fois les effets dissipés, le corps va en redemander. Cela a pour implication de montrer toujours plus de sa vie pour augmenter les likes, garder sa communauté. Ne pas avoir assez de likes impacte la confiance en soi.

Un autre effet est le biais de confirmation : Les algorithmes des réseaux sociaux sont conçus pour montrer aux utilisateurs des contenus qui correspondent ce qu’ils pensent déjà, créant ainsi un biais de confirmation. Cela peut renforcer les croyances de l’utilisateur sans lui présenter des perspectives différentes, rendant difficile la prise de conscience des impacts négatifs.

Voir tout le temps, les mêmes faits en boucle et voir que les gens valident participent à la normalisation des comportements. Ce qui pourrait être perçu comme anormal dans la vie réelle peut sembler ordinaire en ligne.

L’usage des réseaux sociaux est-il genré?

Est-ce que les femmes et les hommes vivent les mêmes expériences sur les réseaux sociaux? Les normes de beauté irréalistes, les attentes liées à la maternité, les stéréotypes de genre et d’autres formes d’injonctions sociales peuvent être exacerbées en raison de la portée mondiale et de l’anonymat relatif sur Internet. Les médias sociaux peuvent créer un espace où les individus se comparent les uns aux autres en fonction des images idéalisées qu’ils voient en ligne.

Là où les femmes sont souvent critiquées, dévalorisées comme si elles n’en faisaient jamais assez, les hommes eux sont valorisés. Une simple publication de la préparation d’un repas sera liké et valorisé pour un homme comme on le voit dans cet exemple.

Où est le début de la phrase ?

interrogés explique qu’il n’a jamais eu à poser de questions sur “l”éducation de ses enfants car tout roule et qu’il a son épouse si besoin” et quand on lui demande s’il sait s’il y a des groupes d’hommes qui traitent de la parentalité, il ne sait pas répondre.

Les mères fréquentent Facebook, Instagram et Snapchat pour rester en contact avec leurs proches. Sur Instagram, elles aiment suivre des influenceurs. Les femmes likent davantage les publications de leurs “amies”.

Que font les parents sur les réseaux sociaux? Ils partagent leurs expériences qu’elles soient joyeuses ou tristes, échangent des conseils et créent des communautés virtuelles. Des hashtags populaires comme #babyshower génèrent des millions de publications, 40 779 505 rien que sur Instagram.[6]

En conclusion, les réseaux sociaux ont indéniablement modifié la manière dont les parents interagissent, recherchent des conseils et partagent leurs expériences en matière de parentalité. Les aspects positifs, tels que la création de communautés de soutien, l’accès facile à des informations utiles et le partage d’expériences communes, ont renforcé les liens entre parents. Cependant, ce n’est pas sans conséquences.

Les réseaux sociaux peuvent exacerber la pression sociale sur les parents, en particulier les mères, les confrontant à des normes souvent irréalistes. Des sujets tels que l’allaitement peuvent devenir des terrains de débat polarisants, et les injonctions parentales peuvent être renforcées par des contenus culpabilisants. Les célébrations, comme les « gender reveals », ont transformé des moments joyeux en compétitions coûteuses, ajoutant une pression sociale parfois insupportable.

Les parents influenceurs, bien que créant des communautés virtuelles engagées, soulèvent des questions éthiques, notamment en ce qui concerne le partage d’images d’enfants à un large public. Le phénomène du « sharenting » souligne les dilemmes liés à l’exploitation économique de l’image des enfants dans le cadre de collaborations marketing.

Enfin, les réseaux sociaux ne sont pas simplement des outils neutres. Ils façonnent les perceptions à travers des mécanismes tels que la gratification immédiate et le biais de confirmation, pouvant contribuer à la normalisation de comportements parfois problématiques.

Bien que les réseaux sociaux offrent une illusion de contrôle, il est crucial de reconnaître l’influence puissante des algorithmes et des dynamiques sociales. Les parents doivent être conscients des aspects positifs et négatifs des médias sociaux, cultivant un usage éclairé pour préserver leur bien-être et celui de leur famille dans ce paysage numérique en constante évolution.

  1. Résultats obtenus dans le cadre d’une recherche ? ou une enquête ? menée par la Fédération des Amis de la Morale Laïque auprès de 70 parents francophones en Belgique.
  2. M. DUGGAN, A. LENHART, C. LAMPE, N. ELLISON, Parents and Social MediaMothers are especially likely to give and receive support on social media dans Pew Research center, 16 juillet 2015.
  3. Informations consultées le 12 novembre 2023 sur le site https://www.marieclaire.fr/mauvaise-mere-perception-reseaux-sociaux-culpabilite-etude,1460178.asp
  4. S. UEREGEN, Instamamans, mamans blogueuses ou mettre sa vie de famille sur les réseaux sociaux en ligne: quelle place pour le droit à la vie privée et le droit à l’image de l’enfant?, 2019.
  5. Informations consultées le 12 novembre 2023 sur le site https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10218097/
  6. Le hashtag #babyshower a donné lieu à 40 779 505 publications sur Instagram et 19 millions de publications sur Facebook. Informations consultées le 05 décembre 2023 sur les réseaux sociaux Instagram et Facebook.

Clichés, préjugés et réalité concrète

Pierre Guelff - Auteur, chroniqueur radio et presse écrite

La tâche est immense face à la propagande militariste, aux clichés et préjugés racistes et populistes qui circulent comme des mantras, aux sournois ou virulents messages de haine distillés sur les réseaux sociaux de façon anonyme ou publiés par des personnes qui se cachent derrière des pseudonymes.

En compagnie de quelques centaines de pacifistes, j’ai marché entre Metz et Verdun aux côtés de Théodore Monod, scientifique, explorateur, humaniste, Cabu, Wolinski, Cavanna et Reiser, quatre membres de la rédaction de Charlie Hebdo, durant une semaine dans le cadre de la Marche internationale non violente pour la démilitarisation, en août 1976.

Notre itinéraire passait par les champs de bataille et les cimetières aux milliers de tombes et au gigantesque ossuaire de Douaumont, lieux sacrés où reposent tant de victimes de la Première guerre mondiale.

Nous étions allés leur rendre hommage, elles qui avaient été sacrifiées sur l’autel du business de l’industrie de l’armement et d’un nationalisme exacerbé, ce que nous dénoncions avec conviction.

À cette occasion, le futur ministre social-démocrate français de la Défense, Charles Hernu, nous traita de cohorte poussiéreuse enhaillonnée, alors que sur le parcours des membres de l’extrême droite et du SAC, le Service d’Action Civique, sorte de police parallèle chère au général de Gaulle et maintenue par ses partisans[1] durant quelques décennies, nous lançaient quolibets et insultes : « Poules mouillées », « Dégonflés », « Gonzesses »...

Cavanna expliqua cette agressivité par le fait que ces gens nous reprochaient de ne pas aimer tuer, que nous n’étions pas des hommes virils à leurs yeux et que les femmes qui marchaient avec nous devaient retourner à leurs casseroles !

Humanisme vs nationalisme

Si notre objectif relevait d’un humanisme incontestable, comme l’avait écrit à l’époque Isabelle Cabut[2], la femme du caricaturiste Cabu (abattu par le fanatisme religieux le 7 janvier 2015), ils se moquaient ouvertement de nos arguments. Pourtant, ils étaient simples à comprendre. Surtout à l’heure actuelle.

Étant donné que l’on pouvait admettre que cette marche n’abolirait pas la guerre et ne ferait pas de l’ombre à l’aura de l’armée dans la population, force aurait été de reconnaître qu’elle avait au moins le mérite d’attirer l’attention sur le refus des marcheurs et de ceux qui les soutenaient, tels René Dumont et Bernard Clavel, à cautionner l’ineptie de consacrer des budgets colossaux à l’armée dont le dessein est de préparer à la guerre, mais, surtout, que ces manifestants prônaient le dialogue et une véritable diplomatie ad hoc, des moyens davantage positifs que des ultimatums et des menaces larvées.

Ainsi, ces budgets auraient pu éviter des millions et des millions de morts, tout conflit se terminant nécessairement par un traité de paix ou un cessez-le-feu. Voyez Poutine qui commence, du bout des lèvres certes, à évoquer un arrêt des hostilités et aux pourparlers de stopper les hostilités à Gaza…

Autre argument de poids, tout cet argent dépensé à la destruction de l’humanité pouvait servir à combattre la précarité, même en Occident, et améliorer de manière faramineuse les soins de santé, l’enseignement, le sort des personnes âgées et handicapées…

Cet exemple de rejet de la non-violence est l’un parmi des multiples du genre. Même si, dans quelques cas, les arguments et actes pacifiques ont porté leurs fruits de manière historique.

Comme je l’ai dit au début de cet article, la tâche est donc immense face à la propagande, aux clichés et préjugés, aux sournois ou virulents messages distillés sur les réseaux sociaux.

Parfois, c’est exprimé avec subtilité pour faire comprendre que le pacifisme est ridicule, tel cet internaute qui partagea sur son mur Facebook qu’il aimait bien verser un verre d’eau dans l’océan en lui disant qu’à présent il était libre.

Référence faite implicitement à l’inutilité, selon lui, du discours pacifiste.

Ainsi, il est proposé les traditionnels synonymes d’antimilitariste, ceux de : philosophe, bon, doux, paisible…, mais on trouve aussi le terme pantouflard qui, pour le dictionnaire Larousse, signifie casanier.

Soit un personnage qui tient à ses habitudes et à ses manies.

Que de clichés ! Que de méconnaissance de cette technique de la non-violence rejetant, justement, la passivité et la soumission et n’ignorant ou n’évitant pas du tout les conflits pour autant, comme le définit l’ONU[3].

En prenant le temps de la réflexion, on se demande la raison de ce rejet du concept de la culture pacifique dans la société par rapport à un concept de violence et de mort qui, depuis des siècles, n’a montré et démontré que d’effroyables résultats.

À l’heure de l’intelligence artificielle (IA) et à celle des drones qui survolent et qui surveillent notre quotidien, de ces mêmes engins qui font de plus en plus de victimes pour des raisons militaires ou prétendument de sécurité, ai-je encore droit au chapitre quand j’évoque le pacifisme ?

Ai-je encore le droit d’évoquer les libertés fondamentales ? Est-ce que cela intéresse encore les gens ? Est-ce qu’ils savent que ces libertés existent ? Est-ce qu’ils perçoivent la nécessité absolue d’agir pour une société où ses dirigeants inclineraient à une politique davantage harmonieuse que l’hyper consumérisme dont ils font la pierre angulaire de l’économie ?

Que penser du ChatGPT ou chatbot IA (intelligence artificielle) spécialisé dans le dialogue ?

Ce robot conversationnel du numérique absolu (jusqu’à présent), a bien une lointaine origine militaire.

Elle date de 1966 et du projet Arpanet de nouvelles technologies destinées à l’usage militaire aux États-Unis.

Très naïvement, la société civile a cru qu’il s’agissait d’une technologie destinée au mieux-être et à une plus grande solidarité intergénérationnelle, cela sans la moindre frontière raciale, géographique, sociale et philosophique.

C’est un leurre planétaire, car c’est devenu une course au profit, un marché économique sans foi et très peu de lois, une mainmise sur des libertés essentielles.

En outre, c’est très subtilement enrobé pour enfumer les méninges des gens lambdas avec un vocabulaire qui a atteint son but : faire admettre et utiliser cette technologie sans rien connaître à son fonctionnement dans des termes connus des seuls initiés (web scraping, C/C++, C-sharp, frameworks, etc.)

Dans ce contexte, il est quand même angoissant de s’entendre dire qu’il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme[4] et que, grâce à l’IA, des membres amputés repousseront.

Il est affolant de constater que cela est davantage pris au sérieux que le concept d’une société plus égalitaire ou celui d’une nouvelle société basée sur la décroissance et sur le discernement technologique.[5]

Toutes générations confondues, il y a des gens (trop peu nombreux, hélas) qui prennent conscience de la nécessité vitale de repenser le système dans lequel fonctionne la plupart des pays.

Pour eux, les théories philosophiques et pratiques de la non-violence semblent devenues des évidences et leur paraissent inéluctables.

Ils s’inscrivent en droite ligne dans les actions des Gandhi, Jean Jaurès, Henri David Thoreau, Rosa Luxemburg, Romain Roland, John Lennon, Jane Fonda, Nelson Mandela, Martin Luther King, Joan Baez, Greta Thunberg, Cédric Herrou…

Citons, aussi, tous ces anonymes qui s’engagent pour un monde meilleur, pour une société égalitaire, pour la justice sociale, pour le respect de l’environnement, ceux-là même qui véhiculent sur les réseaux sociaux la maxime qui prétend que si toutes les bombes étaient des graines, le monde mangerait à sa faim au lieu de courir à sa fin.

Actions concrètes

Dans cette optique, l’auteur de L’usure d’un monde – Une traversée de l’Iran, François-Henri Désérable[6], posa quand même la question de savoir si nous étions en présence d’un monde usé ou non.

Oui, dit-il, il l’est car la torture prédomine encore dans différentes situations, et non, spécifia-t-il, car la jeunesse tient ce monde usé, à bout de bras, dans l’espoir de le réparer.

La parole est une arme et le slogan Femme, vie, liberté fait trembler les rues iraniennes, expliqua-t-il encore.

Dans les pays occidentaux, la jeunesse se soulève également, mais pour un tout autre motif : celui de la lutte pour le climat.

Des actions se déclenchent donc à maints niveaux, certaines sont fortement médiatisées et aussitôt banalisées ou méchamment moquées.

Ainsi, lors de la remise des diplômes 2022, huit étudiants d’Agro Paris Tech prononcèrent un discours où ils déclarèrent refuser de servir les intérêts de l’industrie et du capitalisme mais qu’ils adhéraient aux valeurs environnementales.

Fidèles à leur déclaration, ils prirent un chemin totalement différent auquel l’école les destinait : apiculture, installation d’exploitations agricoles, élevage de brebis, maraîchage…

D’autres étudiants, dans des écoles d’ingénieurs, emboîtèrent leurs pas et refusèrent catégoriquement de travailler pour l’entreprise Total Énergies.

Une société qui, en désespoir de cause, se rendit sur un campus belge pour recruter du personnel, mais, là aussi, elle trouva des jeunes qui la contestèrent.

L’une des clés de la théorie non-violente est de constater que le pouvoir des dirigeants dépend du consentement des populations, d’où le dessein des activistes pacifistes à saper tout pouvoir abusif et non démocratique en refusant auxdits dirigeants le consentement et la coopération des masses.

À cet effet, des actions, parfois insoupçonnées, se révèlent être couronnées de francs succès jusqu’à faire tomber de leur piédestal des dictateurs, annihiler les ignominies de régimes politiques totalitaires et contrecarrer les turpitudes et manigances de populistes, mais, surtout, de redonner la dignité à des êtres humains à qui on l’avait usurpée.

Un engagement citoyen tellement nécessaire pour sauver la planète du désastre et, ne l’oublions pas, ce sont souvent des actions radicales, de préférence humanistes, qui font avancer l’Histoire[7].

Photos © Pierre Guelff

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Des jeunes se mobilisent davantage pour un environnement sain et une société apaisée.

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Une évidence occultée ou cautionnée par trop de politiciens.

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Une réalité au cœur de la Belgique, pays qui dépense des sommes faramineuses pour la guerre.

    1. Je n’utilise pas l’écriture inclusive parce que je la trouve trop compliquée à rédiger et qu’elle ne facilite pas la lecture, ce qui ne m’empêche pas du tout d’être pour une absolue parité femmes-hommes.
    2. La Gueule Ouverte, numéro d’août 1976.
    3. Journée internationale de la non-violence, 2 octobre.
    4. Frédéric Jameson, critique littéraire américain dans L’Obs du 25 mai 2023.
    5. Iain M. Banks, auteur écossais dans L’Obs du 25 mai 2023, ainsi que Julian Carrey, physicien et auteur de Sans pétrole et sans charbon, INSA, Toulouse.
    6. Gallimard, 2023, dans Libé des 27, 28 et 29 mai 2023.
    7. TMC, 16 novembre 2023.

Parent hors norme

Marie Béclard - FAML

Avez-vous déjà essayé de définir le mot parent? Ce mot simple que nous connaissons tous et toutes, le dictionnaire Robert le définit comme: “un parent c’est un papa et une maman”. A moins d’être un fervent adepte du mariage pour tous, on réalise vite qu’il y a un problème. Que faire avec cette définition des familles homoparentales où il y a deux papas ou deux mamans? Que faire des familles monoparentales où il n’y a dès le projet de parentalité qu’un seul parent? Que faire avec la gestation pour autrui (GPA) une femme peut mettre au monde un enfant qui n’a pas ses gènes et qu’elle n’est pas destinée à élever? [1] Lors d’un atelier participatif, nous nous sommes prêtés au jeu de définir de manière plus complète et inclusive le mot parent. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il n’est pas possible de donner une et une seule définition du mot parent parce que cela recoupe toute une série de réalités différentes.

Une définition purement biologique, on parle de parent biologique pour les personnes qui donnent les gamètes nécessaires à la création d’un enfant.

Une définition juridique: un parent est une personne qui a la responsabilité légale d’un enfant. Cela passe par une adoption, par une décision de justice ou encore d’autres moyens légaux.

Peut être considéré comme « parent » toute personne qui prend soin d’un enfant, qu’ils soient biologiquement liés ou non. Par exemple, un beau-parent ou un tuteur peut être considéré comme un parent.

Un grand nombre de personnes vous répondront pourtant que cela ne suffit clairement pas à faire de quelqu’un, un parent. En effet, aucune de ces trois tentatives ne suffit seule à donner une définition acceptable du terme parent . En effet, peut-on vraiment parler de parent pour un donneur de sperme ou une donneuse de gamètes? La société belge ne leur reconnaît aucun droit sur l’enfant. Les dons se font même de manière anonyme (sauf quand ce sont les parents d’intention qui apportent les gamètes).

Tout comme le caractère biologique n’était pas suffisant pour se proclamer parent, s’occuper d’un enfant ne suffit pas à être qualifié de parent au nom de la loi. Pourtant, une personne peut se voir qualifiée de parent sans lien biologique ou légal. C’est le cas des beaux parents qui élèvent des enfants et qui tissent un lien spécial qui font que l’un comme l’autre peuvent se considérer comme une réelle famille.

Dans le cas d’une gestation pour autrui (GPA), les choses ne sont légalement pas simples. En Belgique, la mère est la femme qui a accouché de l’enfant. Il est cependant possible de rompre le lien de filiation entre mère et enfant. Si un des parents pourra reconnaître l’enfant dès la naissance, pour l’autre parent, il faudra attendre environ deux ans en moyenne pour que l’enfant soit juridiquement l’enfant du couple d’intention.

On peut donc légalement être parent sans être socialement considéré comme tel parce qu’on n’a aucun contact avec l’enfant, ou à l’inverse être rempli de toutes les injonctions sociétales d’un parent sans en avoir légalement le statut.

Maintenant que nous avons tenté de définir ce que l’on entendait par parent. Qu’entend-on par parent hors norme? Avoir 10 enfants? Etre un couple homoparental? Etre une famille monoparentale? Pas facile de répondre? Serait-il plus simple de définir ce qu’est la parentalité dans la norme? Etre en couple? Avoir 2 enfants? Je ne suis pas certaine qu’on arrive à se mettre d’accord. En effet, chaque société a sa norme, chaque époque a sa norme, chaque personne trouvera une chose ou une autre normale ou anormale. Nous avons ici choisi de mettre le focus sur des parentalités qui sont actuellement davantage que d’autres soumises au préjugés et aux discriminations.

Être handicapé et parent

Il n’est pas compliqué de trouver des parents qui entrent parfaitement dans la norme et qui pourtant sont jugés par d’autres humains qu’ils soient ou non parents eux-mêmes. Parce que ces parents n’ont pas fait le choix d’allaiter ou au contraire ont allaité trop longtemps, car ils sont partis en vacances sans leur enfant ou au contraire qu’ils refusent de le laisser dormir une nuit ailleurs. Mais on se doute que pour un parent en situation de handicap les choses sont encore plus compliquées. Même si le handicap ne constitue pas une identité aux contours uniques, qu’un handicap n’est pas l’autre et une personne porteuse d’un handicap n’en est pas une autre. Bien que la Belgique essaie d’être toujours plus inclusive, les personnes porteuses de handicap subissent encore beaucoup de discriminations.

Des études montrent que les femmes en situation de handicap sont plus nombreuses que la moyenne à prendre des contraceptifs.[2] C’est un choix personnel ? Probablement pas.

On refuse souvent la parentalité aux personnes handicapées parce qu’on suppose qu’elles ne seront pas capables de prendre soin de leur enfant, que celui-ci sera inévitablement placé et donc malheureux.[3]

De nombreux centres pour personnes en situation de handicap mental exigent la stérilisation de leurs patientes. Une pratique totalement illégale mais qui continue d’exister selon certains parents de ces enfants. Pourtant, aujourd’hui, la Belgique fait partie des quelques pays européens qui criminalisent la stérilisation coercitive. Seuls la Suède, l’Irlande, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Slovénie, la Pologne et l’Espagne interdisent une telle pratique. [4] Ce qui indique que partout ailleurs, stériliser une personne de force ne semble pas être une pratique problématique, ce qui montre à quel point beaucoup d’Etats sont encore influencés par des visions validistes.

Les centres qui demandent la stérilisation de leurs patients se justifient souvent cette stérilisation “comme un moyen de réduire le fardeau supplémentaire créé par la gestion de la menstruation et comme un effort pour éviter les grossesses”.[5] La sexualité au sein des institutions pour personnes avec un handicap mental est souvent présentée comme “inexistante”, “interdite” mais on sait que pourtant c’est bien une réalité. Si non, pourquoi rendre obligatoire la stérilisation ou la contraception si ce n’est pour se dédouaner, parce que l’institution préfère ne pas s’occuper de cette sexualité et fermer les yeux. [6]

“La contraception ou la stérilisation des femmes en situation de handicap est tout simplement un passeport pour le viol”. Les institutions savent que les viols existent, puisque 80% des femmes en situation de handicap qu’elles soient en institution ou non auraient subi des violences sexuelles, c’est quatre fois plus que les femmes valides. [7] Puisqu’on ne parvient pas à empêcher les agressions alors on s’assure seulement qu’il n’y aura pas de grossesse ou plutôt de traces. Comme on se doute bien, la stérilisation ne protège pas du tout des viols, elle permet simplement de les cacher ce qu’on ne veut pas voir. Une telle pratique a un réel impact négatif sur la pénalisation des crimes. On protège ainsi les violeurs bien plus qu’on aide les victimes.

La désapprobation de la maternité chez les femmes en situation de handicap est présente à la fois dans l’ensemble de la société et au sein même de leur propre famille.

La PMA leur est très souvent refusée. Actuellement, pour ces femmes, ne pas être mère n’est donc pas souvent un vrai choix, c’est plutôt un non choix. [8] La normalisation de l’idée que les personnes en situation de handicap ne peuvent pas s’insérer dans la société est si forte qu’il semble totalement impossible qu’elles puissent pleinement assumer leur rôle de mère.

Ainsi, les individus jugés dépourvus de capacités de discernement conservent une autonomie limitée dans l’exercice de leurs droits reproductifs, la prise de décision étant souvent déléguée à leur curateur·trice·x. Cette pratique contribue notamment à perpétuer un cycle de violence à l’encontre des femmes en situation de handicap.

“C’est l’hégémonie du validisme qu’il faut percevoir, ainsi que le sexisme ordinaire, partout présents dans notre société”. Il est important de s’assurer qu’elles sont en mesure de fournir un environnement sûr et approprié à leurs enfants. Cela peut nécessiter des adaptations ou des aides spécifiques.Il est donc important de prendre conscience des stéréotypes de genre, de ceux basés sur le handicap ainsi que tous les autres pour pouvoir opérer un changement sociétal.[9]

Les parents en situation de handicap sont bien souvent bien plus contrôlés que tout autre type de parent. Ce regard porté sur eux peut les « surhandicaper », cela ne favorise en effet pas l’autonomisation. S’ils étaient considérés comme des parents à part entière, alors cela pourrait contribuer à briser les stéréotypes et les préjugés qui les entourent, et leur permettre de vivre leur parentalité de manière plus épanouie. [10]

Pour les parents handicapés, le personnel médical ou les proches du futur parent, il y a la peur de transmettre un handicap ou une maladie héréditaire. Il n’est pas rare de lire des témoignages où les médecins déconseillent à ces patients d’avoir un enfant.

Être parent seul tous les jours ou une semaine sur deux …

A Bruxelles, une famille sur trois est une famille monoparentale alors peut-on encore vraiment parler de hors norme?

Qu’est-ce qu’on appelle une famille monoparentale? Il s’agit d’une famille où un enfant vit quotidiennement avec seulement l’un de ses deux parents, que ce soit par choix, suite à un divorce, une séparation, le décès d’un conjoint ou par choix quand le projet familial s’est fait dès le départ seul.

La présence d’enfants dans la vie d’un ménage amène de nombreux changements, notamment au niveau professionnel. Il est plus difficile pour un parent de prendre part au marché de l’emploi. A Bruxelles, le taux d’emploi des familles monoparentales avec un enfant est de 35,5%, et n’est plus que 24,6 % pour deux enfants et plus. [11]

Les parents solos ont plus de mal à exercer des fonctions à temps plein: globalement 41,4% des mères et 16,9% des pères en situation monoparentale âgés entre 25 et 44 ans qui sont salariés occupent un emploi à temps partiel. La question étant de savoir si c’est le temps partiel est occupé par contrainte ou si c’est un ‘choix’ dans un contexte de manque de places d’accueil des enfants et de difficultés d’articulation travail-famille.

Dans 86,6% des cas, c’est une femme qui est chef de ménage dans ce type de famille. Un seul parent implique souvent un revenu familial inférieur. Cela peut entraîner des difficultés financières et une plus grande précarité économique. En devenant famille monoparentale, les parents sont souvent obligés de changer de logement : 1 parent propriétaire sur 3 est devenu locataire. 1 parent solo sur 2 déclare avoir eu des difficultés à payer son logement durant l’année écoulée. Une paupérisation qui amène 1 parent sur 20 à devenir sans abri et à souvent perdre le contact avec ses enfants. [12] Il est compliqué de maintenir un lien surtout pour les hommes sans avoir de lieu où accueillir ses enfants. La perte de logement met donc à mal la parentalité.

Cependant, parfois on observe qu’une mère seule sera moins précarisée que lorsqu’elle était en couple. Les économistes féministes expliquent cela parce que traditionnellement on considère que tous les membres du foyer ont le même accès au revenu du ménage mais en pratique ce n’est souvent pas le cas. Lorsqu’elle est séparée, une femme a un meilleur accès à son argent.

Les stéréotypes qui entourent les mères dans des familles monoparentales sont nombreux. Au moindre problème, on les accuse d’être “débordées et impuissantes laissant ainsi leurs enfants, sans repère, aller à la dérive, subir de « mauvaises influences » et incapables de s’intégrer à la société.”[13] Ces stéréotypes sous-entendent qu’il faut un homme pour qu’un enfant soit bien éduqué alors les femmes seules sont souvent culpabilisées que cela soit leur propre choix ou non. Ces stéréotypes ignorent souvent les réalités complexes auxquelles les mères et les pères seuls font face, ne prenant pas en compte la force, la résilience et la détermination qu’ils et elles manifestent au quotidien pour assurer le bien-être de leur famille.

Le racisme et parentalité

Une étude américaine révèle “un niveau d’inquiétude plus élevé chez les parents racisés que chez leurs pairs blancs”: la crainte des violences policières, les discriminations au travail ou au logement, la ségrégation : tout cela s’accumule pour fragiliser la santé des femmes noires.». Comment on explique cela? Les parents craignent davantage que leur enfant se fasse tuer à cause du racisme soit lors d’un contrôle de police, ou d’une agression par un tiers dans la rue. [14] Un stress qui selon une étude américaine a des conséquences dès la grossesse puisque selon cette étude, les femmes noires présentent deux à trois fois plus de risques de donner naissance prématurément, indépendamment du statut socio-économique de la mère, du niveau d’éducation ou de la consommation d’alcool ou de tabac pendant la grossesse. Les auteurs de cette étude concluent que le stress chronique associé à l’expérience quotidienne du racisme a des effets sur les niveaux hormonaux, susceptibles de conduire à une naissance prématurée.[15]

On observe souvent une déshumanisation des populations noires ce qui a pour impact qu’on leur demande moins leur consentement et elles sont davantage soumises à des interventions médicales que les femmes blanches.

Les Etats-Unis sont le seul pays développé où la mortalité maternelle augmente, en particulier chez les femmes noires. Chaque année, entre 700 et 900 femmes meurent suite à des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Le taux de mortalité est trois à quatre fois supérieur à celui des femmes blanches. Le décès est le plus souvent causé par des maladies cardiovasculaires, des infections et des hémorragies.[16] Les femmes racisées ont plus difficilement accès à des soins préventifs et curatifs de qualité qui peuvent contribuer à une plus grande fréquence ou gravité de comorbidités.

Comment peut-on expliquer cela? “Les femmes noires sont plus bruyantes lorsqu’elles donnent naissance, quand elles ont mal”, c’est un stéréotype que l’on entend souvent dans le monde médical. La réalité d’une femme n’est pas celle d’une autre, de plus un tel stéréotype a de lourdes conséquences puisqu’il induit qu’une femme noire qui crie c’est normal, c’est culturel. Cela minimise leur douleur et augmente les chances de diagnostiquer suffisamment tôt un problème de santé: des femmes comme Oyce Echaquan et Naomi Musanga en ont perdu la vie mais combien d’autres dont les noms n’ont pas été médiatisés. Des femmes à qui des équipes médicales disent de se calmer, de patienter et de se taire. Il est important de conscientiser les stéréotypes pour que de telles erreurs ne se répètent pas.

Le racisme a un impact également sur les signalements pour mauvais traitement

La parentalité est-elle la même partout et de tout temps? Une étude au Canada montre qu’il y a une surreprésentation des signalements pour maltraitance dans les familles migrantes. Garder ses frères et soeurs quand on est un enfant est parfois considéré comme un manquement en tant que parent mais ce n’est pas le cas dans toutes les cultures. De plus, si on prend en compte les difficultés que vivent certains parents : les longues heures de travail, peu de liens sociaux et de famille, les obligent à déléguer cette tâche aux enfants les plus âgés. Ce qui est probablement considéré comme un choix réfléchi et comme la meilleure solution est souvent perçu comme une mauvaise parentalité. [17]

Pour changer les choses, il est impératif que nous prenions collectivement conscience de la manière dont le racisme systémique influe sur nos relations et le quotidien des personnes racisées. En effet, peu de personnes nient encore qu’il y a du racisme en Belgique mais il est bien plus compliqué que les personnes admettent que c’est tout le système qui peut être raciste. [18]

Parent queer

Le terme queer est un synonyme de LGBTQIA utilisé pour désigner “toutes les personnes qui sortent des normes sur le plan de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle qui ne sont pas strictement cisgenres ou hétérosexuelles”.[19]

Pendant longtemps, queer et parentalité ne rimaient pas ensemble. Les choses ont doucement évolué mais comme nous l’avons déjà vu, pour le dictionnaire Robert en ligne: un parent, c’est (toujours) un papa et une maman. Comment peut-on encore trouver à l’heure actuelle une définition qui exclut la réalité vécue par 8 à 10 000 enfants vivant dans une famille homoparentale et à 50 000, le nombre d’enfants ayant un·e parent homosexuel·le?[20] Hors parentalité LGBT, l’adoption, les familles recomposées, l’othermothering ont montré que la famille pouvait se construire en dehors des gènes d’“un papa et d’une maman”, tout comme partager des gènes ne signifie pas être une famille.[21] On a érigé la binarité de genre comme la norme, la seule façon d’agir et de penser et cela influence énormément nos comportements. Dans une société patriarcale, il y a une hiérarchie et cela n’est pas à l’avantage des femmes. On continue d’attendre des femmes qu’elles effectuent des tâches domestiques et liées au soin des enfants. Sortir de son rôle de genre, c’est encore souvent s’attirer les foudres de la société. Et c’est ce que font au quotidien les personnes lgbtqia.

Tout le monde ne peut pas rentrer dans ces cases : certaines personnes ne se définissent ni comme homme ni comme femme et pour d’autres, leur identité de genre fluctue: impossible de se coller une étiquette papa ou maman. Pour les personnes trans qui ont des enfants avant leur transition, il y a souvent une étape intermédiaire où les enfants continuent un temps d’utiliser le mot “maman” ou “papa” malgré le changement d’identité de genre, le ??? de papa en maman ou de maman en papa n’est pas toujours simple pour les enfants dans un second temps, un autre nom de parent peut être choisi.

A l’inverse des avancées pour l’inclusion des personnes LGBTQIA en Belgique, l’Italie veut retirer aux parents LGBT le droit d’inscrire leur nom sur l’acte de naissance. 33 couples sont concernés par cette mesure. Qu’est-ce que cela implique? La perte de l’autorité légale sur leur enfant et en cas de décès du parent biologique, ces enfants pourraient être considérés comme orphelins et placés. Il s’agit d’un réel retour en arrière qui montre à quel point les droits acquis sont précaires.

Les différentes formes de parentalité, telles que les familles homoparentales, monoparentales, celles avec des parents en situation de handicap, ainsi que les défis auxquels elles font face, révèlent la nécessité d’une perspective plus inclusive et respectueuse. Pour favoriser une société véritablement inclusive, il est impératif de remettre en question les stéréotypes, de reconnaître les droits de tous les parents et de travailler vers des politiques et des pratiques qui reflètent la diversité des familles d’aujourd’hui. Il est également important de ne jamais oublier que chaque droit obtenu peut aussi vite être annihilé et que donc la vigilance et le combat ne peuvent cesser.

  1. J. DOYON et al., « Normes de parentalité : modélisations et régulations (XVIIIe-XXIe siècles) », Annales de démographie historique, 2013/1 (n° 125), p. 7-23. DOI : 10.3917/adh.125.0007. URL : https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2013-1-page-7.htm
  2. “Stérilisations et contraception forcées: ces armes pour contrôler le corps des femmes handicapées” dans Alter échos, 512, Septembre 2023, p.13.
  3. https://www.unfpa.org/sites/default/files/pub-pdf/UNFPA_Global_Study_on_Disability_Report_FR.pdf
  4. Informations consultées le 23 aout2023 sur le site https://fr.euronews.com/2023/06/05/la-sterilisation-des-femmes-handicapees-en-europe-une-pratique-abusive-toujours-dactualite
  5. Jeunes handicapés: étude pour mettre fin à la violence basée sur le genre et l’application des droits liés à la santé sexuelle et reproductive informations consultées sur le site https://www.unfpa.org/sites/default/files/pub-pdf/UNFPA_Global_Study_on_Disability_Report_FR.pdf
  6. “Stérilisations et contraception forcées: ces armes pour contrôler le corps des femmes handicapées” dans Alter échos, 512, Septembre 2023, p.12.
  7. Informations consultées le 12 octobre 2023 sur le site https://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/files/publication/ta-133-handicap-web.pdf
  8. Femmes en situation de handicap une double discrimination violente dans https://www.esenca.be/wp-content/uploads/2020/12/Etude-2020-ASPH-Femmes-en-situation-de-handicap-double-discrimination-violente-ok.pdf
  9. Informations consultées le 10 octobre 2023 sur le site https://www.esenca.be/wp-content/uploads/2020/12/Etude-2020-ASPH-Femmes-en-situation-de-handicap-double-discrimination-violente-ok.pdf, p.67.
  10. D. CANDILIS-HUISMAN, Accompagner le parent porteur de handicap, informations consultées sur le site https://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/files/publication/ta-133-handicap-web.pdf
  11. Informations consultées le 30 octobre 2023 sur le site https://www.brupartners.brussels/sites/default/files/publications/presentation2_Martin_Wagener_3.pdf
  12. Familles monoparentales et logement: des probmèmes à tous les étages sondage auprès de 1150 parents solo informations consultées le 19 novembre 2023 sur le site https://liguedesfamilles.be/storage/18799/220216-etude-le-logement-des-familles-monoparentales.pdf
  13. LE GOFF Jean-François, « La stigmatisation des familles monoparentales. Thérapie familiale dans desquartiers dits « difficiles » », Dialogue, 2011/4 (n° 194), p. 45-56. DOI : 10.3917/dia.194.0045. URL : https://www.cairn.info/revue-dialogue-2011-4-page-45.htm
  14. N. BESSAïH, H. MELAKU, Racisme systémique et périnatalité ? informations consultées le 12 novembre 2023 sur le site https://www.ababord.org/Racisme-systemique-et-perinatalite.
  15. EE. Petersen, NL. Davis, D. Goodman, et al. Vital Signs: Pregnancy-Related Deaths, United States, 2011–2015, and Strategies for Prevention, 13 States, 2013–2017. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2019;68:423–429. DOI: http://dx.doi.org/10.15585/mmwr.mm6818e1 external icon
  16. Informations consultées le 12 novembre 2023 sur le site https://www.orfq.inrs.ca/pour-nous-cest-normal-prejuges-malentendus-et-differences-en-matiere-de-parentalite/; https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/bitstream/handle/1866/21784/Boatswain-Kyte_Alicia_2018_these.pdf?sequence=5&isAllowed=y
  17. E. AZRIA, P. SAUVEGRAIN, et al.; Pour la commission Inégalités sociales et parcours de soins du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français CNGOF. Racisme systémique et inégalités de santé, une urgence sanitaire et sociétale révélée par la pandémie COVID-19 dans Gynecol Obstet Fertil Senol. 2020 Dec;48(12):847-849. French. doi: 10.1016/j.gofs.2020.09.006. Epub 2020 Sep 17. PMID: 32950731; PMCID: PMC7497546.
  18. LGBT-Phobies à l’école Informations consultées le 12 novembre 2023 sur le site https://www.liguedroitsenfant.be/3825/lgbt-phobies-a-lecole-2/
  19. RICHARD, G., Faire famille autrement, Paris, 2022, p. 55.